Sortie le 30 Juin 2010
A première vue ce film ne vaut pas le détour :
- C’est le premier film du réalisateur Blakeson et le manque d’expérience est souvent porteur de mauvaises surprises dans le monde cinématographique.
- Gemma Arterton et Martin Compston sont des quasi-débutants, ils n’ont pas beaucoup de films derrière eux et les visages inconnus, ça n’attire pas toujours.
- Une histoire d’enlèvement, du déjà vu, du revisité un million de fois, alors à quoi bon le refaire ?
La réponse est dans ce film. Film qui bénéficie d’une bande annonce qui en dit déjà beaucoup mais vraiment pas trop. C’est un film sur un enlèvement, là dessus il n’y a aucun doute, mais c’est loin d’être tout :
C’est un film sur :
- le professionnalisme
- l’organisation
- la confiance
- l’amour
- la peur
- la honte
Bref, c’est un heureux mélange de plein de bonnes choses. Quoi? Vous trouvez que je ne dis rien ? Je me relis … Je suis d’accord. Mais le fait est que La disparition d’Alice Creed est un de ces films ou le sujet importe peu et tout le travail est fait sur les rebondissements, tous plus étonnants les uns que les autres. Alors comment parler d’un film sans évoquer les rebondissements ? C’est tout un art et je me donne comme mission d’y parvenir à merveille. Maintenant que mon paragraphe d’auto-éloge / remplissage d’espace / atteinte de quota (Je plaisante bien sûr) est achevé, il est temps de vous dire de la façon la plus convaincante qu’il soit pourquoi il faut aller voir La Disparition d’Alice Creed.
Si l’on procède étape par étape, on peut donc observer que :
- A priori, ce film est banale et n’attire pas forcément l’attention comme je l’ai soigneusement expliqué au début de mon article.
- Une fois que le film commence, notre opinion évolue ; on voit que les images sont nettes, les scènes sont bien filmées, bien cadrées et tout cela reflète la situation initiale du film qui est tout aussi impeccable : deux homme s préparent un appartement de façon on ne peut plus minutieuse pour y accueillir la victime : Alice Creed. Leurs gestes sont précis, tout est calculé et ces premières minutes sont totalement muettes. Ainsi, le rythme est attractif, les images aussi, ça commence bien.
- Le film continue et on aperçoit enfin la victime interprétée par Gemma Arterton, une future vedette, a l’affiche de Prince of Persia qui joue également dans des blockbusters comme Le choc des Titans ou encore Rock’n'rolla. Elle est belle, elle est pure, elle est incroyablement agréable à regarder. Bingo ! Là, on est encore plus motivé.
Ils l’ont attachée à un lit, ils lui donnent à manger, il la font uriner, bref elle est dans une position désobligeante et très gênante face a ces deux malfrats qui n’ont pas l’air si méchants que ça dans l’intimité.
Comme tout bon film avec des méchants, c’est deux ravisseurs sont attachants, on a jam
ais vraiment envie de les détester et on en vient même a en apprécier un.
Vic (Eddie Marsan) est le cerveau, c’est lui qui semble avoir tout orchestré, il est le chef et il tient a ce que Danny (Martin Compston) s’en souvienne et c’est pour ça qu’il est très autoritaire avec lui qui en devient quasiment une victime lui aussi. Il suit les ordres, il respecte le "patron" et il a des airs de garçon timide et gêné, le parfait rookie!
Le cliche persiste donc, un boss, un apprentis et une victime plutôt jolie.
Alors pourquoi aller voir La Disparition d’Alice Creed si tout est cliche ? Et bien parce qu’en 1h47, toute cette situation initiale que je viens de présenter va avoir le temps de changer et même de se renverser totalement. J’ai rarement vu autant de rebondissements dans un film et autant d’étonnement. Ce film est intéressant, intriguant, captivant, intelligent (marre des suffixes en "ant"/"ent" ? Ok) il est drôle et très original. L’action est impeccable, la fin est jouissive.
La Disparition d’Alice Creed c’est l’histoire d’un enlèvement pas comme les autres …
Sarah Rashidian