Detachment de Tony Kaye (Le réalisateur de American History X)
Avec Adrien Brody (Le Pianiste), Marcia Gay Harden (Pollock), Christina Hendricks (Mad Men), Lucy Liu (Charlie et ses drôles de dames)
Adrian Brody incarne Henry Barthes, un professeur remplaçant qui vogue d’école en école et qui n’y reste jamais assez longtemps pour y trouver sa place. D’ailleurs Henry n’a jamais voulu trouver sa place nulle part et s’attacher à un lieu en particulier, il a choisit le bon métier pour cela. Mais lorsqu’il est envoyé dans un lycée en difficulté de la banlieue new-yorkaise, les choses se compliquent et Henry n’arrivera pas à se détacher aussi bien qu’il le pensait.

Il semblerait que l’éducation soit un sujet très propice au drame. En effet, entre « La journée de la jupe » et « Entre les murs » en passant par « Half Nelson » ou encore « Ecrire pour exister », on nous communique souvent des histoires de relations professeur / étudiant compliquées mais touchantes et pleines d’espoir. Beaucoup de ces films se ressemblent dans le message, il s’agit de faire comprendre d’un côté que les professeurs ont un métier terriblement difficiles, qu’il ne faut pas juger un adolescent par ses actes sans prendre en compte les circonstances dans lesquels il évolue et enfin, qu’il y a un réel problème dans le système éducatif d’aujourd’hui car l’égalité des chances n’existe pas.
L’ambiance du film est aussi dérangeante que celle que l’on observe dans « We Need to Talk About Kevin ».
Un éventail de personnages malchanceux et malheureux que l’on nous présente en insistant sur la routine écœurante qui les domine et la fatalité qui les berce tranquillement en leur offrant un avenir totalement détestable.
On nous offre quelques bonnes nouvelles, quelques espoirs, on parviendra à nous faire sourire et rire mais la finalité de ce film est de laisser un goût amer au spectateur en lui offrant peu d’espoir. « Si vous considérez que vous avez une belle vie, estimez-vous chanceux et heureux – si vous vous demandez ce que vous allez faire plus tard, oublier de suite l’enseignement, vous vous y perdrez ».
Le film endosse bien son costume dramatique en nous offrant des parcelles d’espoir dans un quotidien déjà peu glorieux. Les professeurs sont des héros que l’on ne reconnait pas, que l’on ne remercie pas et que l’on sous-estime, les élèves sont des êtres humains qui, malgré toute la volonté qu’on leur extorquera, auront du mal à se frayer un chemin « marchable » dans la société actuelle.
Un film fort et beau qui ne vous laissera certainement pas indifférent.
Sarah Rashidian




