Courge et son père l’ogre vivent reclus dans la forêt. Son père, autoritaire et effrayant lui affirme que sortir de la forêt peut lui être fatal et qu’il ne faut vraiment pas s’y aventurer. Ainsi le garçon grandit en ignorant complètement, qu’à quelques kilomètre de sa forêt, il y a toute une société d’hommes et de femmes qui lui ressemblent. Un jour, son père se blesse grièvement et les esprits qui sont ses seuls amis le dirigent vers l’extérieur de la forêt. Un pas dehors et il voit qu’il ne craint rien alors il part chercher de l’aide au village le plus proche et ainsi commence sa découverte des autres et sa rencontre avec Manon, la fille du médecin …
La présentation qui m’a été faite de ce film était bien trop élogieuse à mon goût. Très dangereux d’annoncer un film comme étant un concentré de tout ce qu’il y a de mieux dans le cinéma d’animation, de rappeler à plusieurs reprises qu’il a provoqué une standing ovation de 20 minutes au festival d’Annecy, que tout le monde a été conquis, ravis et un tas d’autres d’adjectifs en "i". J’aurais préféré qu’on me le présente comme un échec complet, une erreur de production et une honte au cinéma d’animation. Je l’aurais certainement apprécié à sa juste valeur à ce moment-là.
Vous l’aurez compris, un peu déçue je suis par le déséquilibre entre les attentes et le résultat, ils l’avaient bien cherché ! Malgré ça, je n’ai pas du tout assisté à une mauvaise oeuvre et il n’y avait pas de moments fondamentalement ennuyants. C’est un bon compromis entre Tarzan et Le Village de Shyamalan. De bons doublages, une bonne histoire, de bons dessins. Tout est juste passable, l’humour, l’histoire, rien ne nous étonne, rien n’attire l’attention. Il n’y a pas une préciosité particulière dans ce film d’animation. Je parle de cette étincelle qu’il y a chez un Moi, moche et méchant ou encore dans un Horton hears a who!. C’est très classique.
Un moment donc plutôt agréable mais pas assez pour donner naissance à une recommandation effrénée de ma part. Je ne vous le déconseille pas pour autant. Si vous avez moins de 12 ans je pense que vous allez même vraiment aimer mais je doute avec cette catégorie de lecteurs …
A l’occasion de la restauration haute définition des films de Max Linder, de leur édition en salle et en coffrets DVD et Blu-Ray, j’ai été invitée à une projection spéciale dans le cinéma du Max en question pour découvrir le personnage grâce à 4 courts métrages. J’ai acceptée l’invitation par curiosité et pour la soif d’aventure. En effet, si je viens à évoquer l’aventure c’est parce que Max Linder m’est aussi inconnu que Percy Spencer (le premier homme à avoir eu l’idée d’utiliser le micro-onde pour chauffer de la nourriture !). Je connais la salle mais je ne connais pas l’homme et je m’apprêtais à en découvrir beaucoup sur ce charmant personnage.
Une invité par comme les autres était présente pour nous introduire au grand homme. Cette invitée n’était autre que Maud Linder, sa fille. Lorsque l’on sait qu’elle est à l’origine de la résurrection de son père, qu’elle est en possession de ses œuvres, qu’elle veut le faire connaître du monde on se dit qu’elle entretenait certainement une relation précieuse avec son paternel mais il nous a fallu 5 courtes minutes pour apprendre de sa propre voix que Max Linder, s’étant suicidé à l’âge de 42 ans, a abandonné sa fille qui n’avait que 16 mois. Certains vivent mal l’abandon de leurs parents et s’enferment dans une amertume sans nom, Maud, elle, faute d’avoir un père pour s’occuper d’elle, s’est tournée vers les œuvres de son père et a commencé à communiquer avec lui par écran interposée. Elle n’aime pas le père, c’est le grand artiste qu’elle respecte, « il vaut mieux être un mauvais père mais être un homme de talent plutôt que d’être un bon père et ne rien avoir fait d’important de sa vie ». Voilà ce qu’elle radote, la voix tremblante. Cette phrase m’a parue absurde et je la considère comme terriblement fausse mais cette conviction l’a surement aidée à surmonter la perte de ses parents et elle-même nous a aidé à ne pas voir à l’écran un homme égoïste et dépressif mais plutôt un homme drôle qui a inspiré Charlie Chaplin et Pierre Etaix et qui mérite le grand cinéma qui porte son nom.
En effet, Max est drôle, il est beau aussi et il a des bonnes idées. Les quelques films que j’ai vu de lui m’ont rappelé le Charlot à qui il ressemble d’ailleurs. Les deux étaient amis et s’inspiraient mutuellement. Pierre Etaix a dit de lui : « Il est mieux que moderne. Il est permanent ». Sacré compliment ! Et c’est vrai que ses films, bien que très anciens, ne paraissent pas démodés. Ils sont certes d’une autre époque mais ils épousent très bien la notre et je suis sûre qu’ils vous plairont.
Voici un rapide aperçu des 4 courts métrages restaurés :
- Les débuts de Max Linder au cinéma (1910.7 min)
"Avec Charles Pathé dans son propre rôle. Max, muni d’une lettre de recommandation, est reçu dans la maison pathé. Présenté au directeur il fait ensuite des essais devant le réalisateur de la maison. Dur métier que celui d’acteur!"
- Max prend un bain (1912.9 min) [Mon favoris]
"Pour calmer ses tics nerveux, le médecin prescrit à Max un bain froid quotidien. A cette époque, on ne trouvait ni eau courante ni baignoire dans les appartements … "
- Max et Jane veulent faire du théâtre (1912. 13 min)
"Max doit rencontrer une jeune fille en vue de leur mariage. Ils ne se connaissent pas et n’ont que leurs rêves de théâtre en tête. Lors des présentations, chacun s’enlaidit pour décourager l’autre …"
- Sept ans de malheur (1920. 38 min – version courte)
"Après une nuit fort arrosée et d’improbables péripéties autour d’un miroir brisé, Max doit se rendre chez sa fiancée. Mais il affronte une succession de situations rocambolesques qui l’éloignent inéluctablement de sa dulcinée"
Donc voici une présentation sommaire de ces 4 courts métrages, l’un plus drôle que l’autre, qui ont l’air de bien présenter Max le mystérieux et qui vous feront découvrir ou redécouvrir une époque du cinéma que l’on connait souvent trop peu. Si vous souhaitez rencontrer un des grands hommes du cinéma, rigoler un peu et voir un film muet en noir et blanc allez voir Max au cinéma ou en DVD, vous serez surpris !
Yann et Nadia, amoureux, se lancent dans un projet de restaurant au bord d’un lac. Leur rêve d’entrepreneur se brise rapidement. Nadia, contrainte d’accepter un travail à l’étranger, confie provisoirement son fils à Yann. Elle disparaît…
Allez voir le film en présence de l’équipe le 4 Janvier 2012 dans les salles suivante :
Philippe est riche, aristocrate mais aussi tétraplégique. Il a eu un accident en parapente et depuis ses mouvements sont quelques peu limités… Il a besoin d’une aide à domicile constante et en ce moment il cherche quelqu’un. Ca tombe bien, Driss cherche un emploi. Driss est un jeune de banlieue qui sort à peine de prison : les deux font la paire non ? Et bien oui ! Quand deux opposés se rencontrent, le résultat n’en est que remarquable. Le choc des cultures, une amitié aussi sincère que possible, l’entraide et le respect permettent à ces deux individus de devenir « intouchables ».
Si vous cherchez un « feel-good movie » drôle et original ne cherchez pas plus loin. «Intouchables » est un film plein d’humanité et de bonne humeur. Comme tous les films de Toledano et Nakache il est léger, drôle, juste et enivrant. On peut même dire que la fin du film est redoutée tant on est assit confortablement à observer le beau sourire de Sy d’un côté et le jeu intéressant de Cluzet de l’autre. Pour un film où il est très facile de deviner le déroulement, on ne s’ennuie pas et on ne bronche pas ! On sait que le grand garçon de la banlieue va « galérer » pour s’adapter mais on ne sait pas à quel point. On sait que le monsieur bloqué et le grand garçon vont devenir les meilleurs amis du monde mais on n’imagine pas l’évolution de cette aventure. On sait qu’il y aura des blagues faciles et des comiques de situations en rapport avec le choc des cultures, mais après tous, on adore ça ! : )
On pourrait croire d’après ce que je décris que c’est un film « bisounours », ou encore une suite de gags mais, bien que l’accent ne soit pas mis sur le côté dramatique de la situation irrégulière de Driss et sur les conditions de vie difficiles des jeunes de banlieue, on n’est pas épargnés. C’est un film qui traite à la fois de sujets sérieux et de sujets légers et cela avec le style unique de ces deux réalisateurs talentueux et le mélange n’en est que plus agréable. « Agréable » oui ! C’est le mot !
« Un film qui fait plaisir à voir et qui vous donne le sourire » ! Ca c’est la conclusion !
David Pelame s’ennuie. Il est avocat, marié à une belle femme, avec deux enfants adorables et pourtant rien de tout ça ne le comble. Pour cause, sa femme et lui sont tombés dans une routine ravageuse et son patron ne lui confie aucune tache intéressante. David Pelame s’ennuie. Mais le père noël a entendu son désespoir et a eu la fantastique idée de cacher dans un buisson un sac avec à l’intérieur une montagne de cocaïne et un téléphone portable avec des clients au bout du fil. Dans ce sac se trouve un nouvel avenir, un nouveau but et tout plein de possibilité : DAVID PELAME VA DESORMAIS VENDRE DE LA COCAINE A TOUS CEUX QUI APPELERONT ! David Pelame ne s’ennuie plus… mais les ennuis ne sont pas loin …
Inspiré en partie du roman "Poudre" de Matthew Kneale, Une pure affaire est un film très surprenant. Depuis quelques temps la présence de François Damiens dans un film suffit pour lui assurer un bon nombre d’entrée. Cet acteur impressionnant qui a fait rire tout le monde avec ses caméras cachés déstabilisantes est un bijou à valeur inestimable dans chaque film où il apparaît. Ainsi, rien que pour témoigner d’un énième rôle merveilleusement bien interprété par Monsieur l’embrouille, il faut aller voir Une Pure Affaire. Mais, alors que la bande annonce est une série de gags amusants et de quiproquos démentiels, le film n’est pas une comédie, il est un agréable mélange de plusieurs genres qui s’épousent parfaitement. On rigole, on a peur, on est mal à l’aise et on est énervé : voici le cocktail d’émotion qui vous attend en allant voir ce film.
L’histoire est précieuse, déjà visitée mais difficile de s’en lasser. On retrouve un peu des personnages des frères Coen dans ce couple tout à fait banal qui trouve quelque chose qui ne leur appartient pas et pense pouvoir en tirer profit s’en s’attirer d’ennuis. On assiste à une métamorphose impressionnante de deux personnes qui, d’un coup, change de vie et décide de replonger dans leur jeunesse et de retrouver cette excitation qui leur manquait tant. On en a vu des couples qui perdait leur flamme et qui tombaient dans l’ennui sans savoir comment s’en sortir. Alors que Dick et Jane décident de cambrioler des banques et que Mr et Mrs Smith s’excitent mutuellement en découvrant qu’ils sont tous deux agents secrets, David et Christine découvrent qu’en mélangeant du lait en poudre pour bébé et de la cocaïne leur libido augmente et leur relation s’améliore. Ils deviennent très vite les dealers les plus improbables de paris et nous ça nous amuse beaucoup !
Les éléments perturbateurs sont très nombreux et les solutions des personnages sont très intéressantes. Les acteurs sont bien choisis, Pascale Arbillot est belle et très amusante, les enfants jouent très bien la déception et le dégoût vis-à-vis de leur parents qui se la jouent gangsters, le méchant patron à effectivement l’air TRES méchant et le collègue insupportable interprété par Laurent Laffitte est tout ce qu’il y a de plus exaspérant. Quant à François Damiens, j’ai commencé en faisant son éloge je terminerais donc par le même procédé : il est drôle, il est touchant, il est impossible de se lasser de l’accent, des mimiques et de l’attitude extraordinaire de cet acteur incroyable. Beaucoup d’adjectifs mélioratifs pour ce grand homme, c’est normal François est un roi.
Lou Bertigtnac, jeune fille de treize ans est précoce, curieuse et incomprise. Elle a deux classes d’avance, un sens de l’observation très développé et la conscience que le monde est injuste et qu’il va mal. En plus de tout cela, sa mère est dépressive et son père, malheureux. Bref, beaucoup de choses à surmonter pour une enfant. Et sa vie devient encore plus saugrenue lorsqu’elle rencontre, à la Gare d’Austerlitz, No, une SDF de 18 ans qui galère et traîne un peu partout. Lou décide de faire un exposé sur les Sans abri en s’inspirant de No et peu à peu les deux filles deviennent très proches. Lou va se sentir obligé d’aider No qui malgré ses sautes d’humeur et son caractère bien trempé, va lui en être très reconnaissante …
« No et moi » c’est avant tout le point de vue d’une jeune enfant concernant le phénomène grave qu’est la situation des SDF en France. Et oui, alors que Giosué est confronté aux camps de concentration dans « La vie est belle » ou que Marjane vie la révolution iranienne dans « Persepolis », Lou se retrouve face à face avec la pauvreté lorsqu’elle rencontre No, jeune SDF.
Ce qui est intéressant lorsque l’on fait un film centré sur un enfant qui découvre des failles et injustices de l’histoire c’est que le regard qui est porté est comme vierge de toutes considérations autres que celles qui émanent des sentiments et de la conscience. En effet, allez dire au président de la République que c’est injuste qu’il ait un toit alors que tant de personnes se retrouvent à la rue, bien que l’accusation soit correcte et tout à fait vraie, il est peu probable qu’il propose d’en loger quelques uns. Ses arguments seront d’ordres économiques et politiques et avec le temps ce sont des arguments qui sont en majorité jugés « valables ».
Lou ne sait pas encore fermer les yeux sur les malheurs qui l’entourent et lorsqu’elle constate qu’il y a une chambre vide dans son appartement et une sans abri de dix-huit ans dans la gare d’Austerlitz le calcul se fait très rapidement : elle peut et doit accueillir No chez elle.
Malheureusement, Lou ne vit pas seule, elle n’a que treize ans et il lui reste deux parents à convaincre, des parents compatissants certes mais censés, qui ont déjà jeté l’éponge depuis un bout de temps et qui savent qu’ils ne pourront jamais sauver tout le monde.
Alors voici la mission de Lou : convaincre ses parents que c’est une excellente idée et qu’une fois No installée chez eux, elle se comportera bien et perdra toutes les mauvaises habitudes qu’elle avait prises lorsqu’elle était à la rue : tâche assez compliquée ! Mais Lou va y arriver…
Il y a beaucoup de belles choses au sein de cette fiction. D’une part l’innocence remarquable de Lou, cette jeune fille qui ne connaît pas le mal et la douleur et ne s soupçonne pas encore. De l’autre, ses parents, qui sans lui faire perdre espoir doivent se montrer prudent vis-à-vis de leur nouvelle co-locataire. Le père, interprété par Bernard Campan est un personnage admirable, plein de bonne volonté qui veut faire les choses correctement et souhaite guérir No dans le fond et pas uniquement dans la forme en ne lui apportant qu’un toit. Il veut changer son style de vie et son comportement vis-à-vis des autres, ce qui fait de lui un homme à l’allure rabat-joie aux yeux de sa fille. Et enfin, No, un caractère bien trempé, une impression d’indépendance, une franchise et une indiscrétion détestable et une certaine ingratitude. Elle voit sa vie basculer d’un jour à l’autre grâce à cette jeune fille qui s’intéresse à elle. Elle est touchée et énervée que sa situation puisse donner lieu à autant d’intérêt. Elle est contente de pouvoir sortir de sa situation mais mécontente que les autres y restent. Elle accepte volontiers sa nouvelle vie mais ne parvient pas à fuir totalement ses habitudes du passé.
C’est un film très intéressant autant par le point de vue qu’il adopte que par le sujet délicat dont il traite. Et tout cela nous donne à réfléchir, à nous mettre à la place de Lou et de ses parents et à se demander ce que nous aurions fait.
"Tellement Proches" de Eric Toledano et Olivier Nakache.
Trois couples, trois histoires : Alain et Nathalie ont un fils, Lucien, une vraie pile électrique, il se donne en spectacle dès la première occasion ; Nathalie n’en peut plus, elle veut qu’Alain réagisse ; Alain se retrouve dans son fils qu’il n’ose pas corriger.
Jean-Pierre (le frère de Nathalie), et Catherine, sa femme, donnent l’impression d’avoir une vie parfaite. Ils élèvent leurs enfants comme des machines, envoient leur fille dans une école juive parce que « c’est plus réputé » (Jean-Pierre et Nathalie ne sont pas juifs du tout), veulent que leurs enfants soient polyglottes à 5 ans etc. Alain a du mal à les supporter.
Roxane (La sœur de Nathalie et Jean-Pierre) et Bruno viennent de se rencontrer dans le supermarché ou elle travaille. Il se fait embarqué dès le premier soir dans un dîner de famille mouvementé à Créteil, chez Jean-Pierre et Catherine parce que Roxane est névrosée, elle est pressée de fonder une famille et elle a bel et bien jeté son dévolu sur Bruno qui est plutôt effrayé.
A ce dîner, où ces trois couples sont réunis, va commencer une série d’aventures et de mésaventures très singulières et absolument hilarantes. Ces gens, tellement différents, tellement étranges et tellement paumés vont devenir en un dîner « tellement proches »…
Le cinéma français :
Il y a cette idée reçue sur le cinéma français, ça ne sonne pas très bien chez les citoyens lambda. Je sais par exemple que quand je dis à mes amis que je vais à des avants premières ils me disent avec un air effondré « Ah mais c’est que des films français ? ». Moi je leur dis ensuite que non, qu’il y a toutes les variétés de films et là, ils me disent souvent : « Tu m’emmèneras ? Mais pas pour les films français hein ? ». Je vous avouerai que j’avais moi aussi une image très négative des films français avant de découvrir de vrais petites merveilles. En effet, aujourd’hui, quand je pense à des films comme « Le Premier jour du reste de ma vie », « 99 francs », « Enfermés dehors », « Prête moi ta main », « Hors de prix », « Ensemble c’est tout », « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain », « A la folie pas du tout » (Non je ne suis pas fanatique d’Audrey Tautou ! ) etc. je me dis que beaucoup des films qui m’ont marqués sont français, que c’est un style absolument remarquable. On ne peut pas dire que c’est toujours la même chose mais il s’agit souvent de mettre en scène des proches, leurs relations et les problèmes auxquels ils doivent faire face au quotidien. Rien de plus simple et moi j’adore ! Les relations de couple, de famille, les conflits, tout cela est simplement jouissif, de vrais moments de plaisir grâce à un travail très important sur les dialogues ! Des blagues majestueuses, des répliques très précieuses, des personnages très énigmatiques, bref, des films qui vous touchent et vous marquent par leur fraîcheur et leur charme.
Ce film-ci m’a fait passé un moment franchement inoubliable. J’étais confortablement assise sur mon siège à écouter les répliques hilarantes de chaque personnages, les quiproquos monstres, les situations déjantée, j’étais bien, le sourire au lèvre pendant 1h42, des gros fous rires toutes les cinq minutes, j’étais devant un excellent film, le genre de film qui fait que je suis amoureuse du cinéma. Les personnages sont très attachants et se mettent dans des situations toujours très originales et surprenantes. Les dialogues sont excellents, certaines situations sont délirantes.
Acteurs/ Personnages :
Affiche du film
Vincent Elbaz (Alain) : Il est excellent ! Il joue les grands enfants. Il aime follement son fils et n’arrive pas du tout à être autoritaire avec lui. Sarcastique et paumé, il est vraiment agréable à regarder.
Omar Sy (Bruno) : Tout simplement génial, c’est un acteur et un vrai ! Il joue un médecin noir que personne ne prend au sérieux et à la longue il a du mal à le digérer.
Isabelle Carré (Nathalie) : Mère du petit Lucien insupportable, elle est la seule personne responsable de la maison et a du mal à gérer les attitudes immatures de son mari. Isabelle Carré est très belle et très convaincante, parfaite en mère de famille débordée.
François-Xavier Demaison (Jean-Pierre) : Impeccable dans le rôle du beauf ! Un mari qui suit les folies de sa femme et se fait même manipuler dans son travail. Il ne dit rien, il subit.
Joséphine de Meaux (Roxane) : Hilarante, complètement névrosée, elle joue ce rôle à merveille. Elle a souvent l’occasion d’avoir des crises de nerfs dans ses films (Cf. « Nos jours heureux » et « Vilaine ») qui nous font bien rires !
Audrey Dana (Catherine) : Elle va se métamorphoser en femme juive très pratiquante au long du film pour duper les responsables de l’école juive dans laquelle elle a inscrit sa fille non juive ! Audrey Dana est absolument magnifique et joue excellemment les mères à moitié folles qui feraient n’importe quoi pour donner une image parfaite de sa famille. Elle joue le jeu jusqu’au bout, elle est complètement déjantée !
En deux mots :
Un film : TELLEMENT agréable à regarder,
TELLEMENT drôle,
TELLEMENT bien trouvé,
TELLEMENT parfait!
Quand le milliardaire Nerio Winch est retrouvé noyé, beaucoup de questions se posent. On veut savoir ce qui s’est passé, mais surtout qui succèdera au fondateur du puissant groupe W. Sa mort est vite déclarée accidentelle, mais reste le problème de la succession. Nerio avait, semble-t-il, pris ses précautions en adoptant un garçon, une trentaine d’années plus tôt, pour en faire son héritier. Ce dernier, prénommé Largo, n’est pas prêt à faire son entrée dans le monde de l’économie : emprisonné pour possession de drogue au même moment, le jeune rebelle n’a pas le profil de son père. Mais il réapparait, remet en cause la thèse de l’accident… et dérange, car d’autres souhaitaient succéder à Nério Winch.
Eloge à Tomer Sisley
On sait tous que Tomer Sisley est un humoriste, mais on ne sait pas trop ce qu’il fait. Il n’a pas connu le succès d’un Jamel Debbouze ou d’un Gad Elmaleh, mais il est évident que ce film va lui ouvrir beaucoup de portes. Rebelle avec classe, Tomer Sisley/Largo Winch impose sa présence. Malgré l’importante différence physique avec le personnage de BD qu’il incarne, il a tout à fait le profil de « l’héritier malgré lui ». Cet avis est partagé par le dessinateur de la bande dessinée, Jean Van Hamme, qui, lors de l’avant-première organisée par AlloCiné, a salué la prestation de l’acteur. Avec son accent américain parfait, notre héros nous émerveille tout au long du film. De même, le jonglage entre le français, le serbe et l’anglais est très agréable, car il met en valeur un Largo polyglotte et un film finalement universel.
Mélanie Thierry passe de l’ange au démon
On l’a vue cette même année jouer la vierge dans "Babylon A.D", rôle qui lui allait à merveille grâce à sa « blondeur innocente », ses beaux yeux bleus et son regard perdu. Ici, on la retrouve dans un rôle tout à fait différent, on pourrait même dire opposé : la tigresse au double jeu qui ment, qui tue… et qui n’est plus si vierge que cela!
Un film à l’américaine ?
Il est difficile de faire un bon film d’action sans risquer d’"américaniser" la chose. C’était pourtant l’intention de Jérôme Salle lorsqu’il s’est lancé dans ce projet. Il y a vraiment mis du sien, et pour cause : il a pris en majeure partie des acteurs français, a refusé de tourner à New York (là où se trouve le groupe « W » dans la BD) et a favorisé Hong Kong pour poursuivre le boycott. Mais tout cela paraît pourtant inefficace et le film se fait même «traiter » de « James bond à la française », ce qui fait cauchemarder le réalisateur. C’est pourtant justifié : lorsqu’on voit le film, on ne peut que ressentir l’inspiration américaine, des scènes d’action à l’histoire d’amour. On a les cascades, les méchants qu’on croyait gentils, les gentils qu’on croyait méchants, les trahisons, les surprises finales. Bref, chassez l’Amérique et l’Amérique revient au galop ! Les blagues, en revanche, sont bien françaises pour la plupart, peu prévisibles et bien senties. S’il y a bien quelque chose qu’on ne nous volera pas, c’est l’humour français!
Côté structure, les scènes du début sont un peu trop séquencées. On montre des images du passé et du présent simplement pour expliquer la situation au spectateur. Le procédé permet de maintenir le suspense, mais il est légèrement désagréable, car on se sent perdu à force d’être confronté à tant d’informations simultanées. Par la suite, les séquences sont beaucoup plus agréables, quand on commence peu à peu à bien comprendre l’histoire et l’enjeu.
Il n’empêche que le film est vraiment réussi : moment très agréable garanti! Les paysages sont somptueux, les acteurs, surprenants. Tomer Sisley nous hypnotise avec son anglais parfait et sa présence. Mélanie Thierry est belle et féroce. Gilbert Melki est sympathique dans un rôle qui rappelle celui d’Alfred, le majordome de Batman, calme, dévoué et presque un second père. Bref, un film divertissant et captivant grâce à des acteurs bien choisis.
« Le Caire nid d’espions » (sortie le 19 Avril 2006)
« Rio ne répond plus » (Sortie le 15 Avril 2009)
Comme le savent mes lecteurs, j’ai pour habitude de diviser mes articles de la façon suivante : petite introduction charmante et personnelle ; résumé du film plat et impersonnel ; critique passionnante. Et bien là, je me retrouve bien embarrassée, figurez-vous. Je suis là, au beau milieu de mon introduction charmante et je me rends compte que je n’ai aucune envie de faire un résumé des deux volets de OSS 117, parce que l’on est ici face à deux films où l’histoire n’a quasiment aucune importance. En effet, OSS 117 serait plutôt à interpréter comme un long sketch de Jean Dujardin que comme une histoire d’espionnage. Les blagues s’enchaînent à un tel rythme qu’on finit par accorder bien peu d’importance à l’histoire. Ainsi comme OSS 117 représente à mes yeux l’équivalent d’un spectacle humoristique, la critique est d’autant plus difficile à développer. Pire, je ne trouve pas grand-chose à dire dans la partie critique ! Comme je ne peux pas me contenter de mon introduction charmante, même si elle est tout à fait appréciable (Jusqu’à quel point supporterez-vous cet auto-éloge ?), je vais essayer de dire quelques mots sur ces films. Des mots peu nombreux mais qui, je l’espère, vous en diront plus sur le GRAND mystère OSS 117.
Résumé plat, impersonnel et rapide : L’agent OSS 117 ou Hubert Bonisseur de la Bath (Jean Dujardin) est un agent secret, l’arme ultime que le gouvernement français envoie aux quatre coins du monde pour les missions de haute importance. Comme nous le laissent entendre les titres, le premier volet se déroule au Caire et le second à Rio et, à chaque fois, l’agent est accompagné d’une femme plus ou moins haut placée avec qui il est contraint de travailler d’égal à égal, chose difficile pour ce grand macho.
Ce qui m’a paru évident, c’est que le premier volet était nettement moins drôle que le second : il y avait nettement moins de blagues et ces dernières étaient plus faciles et prévisibles. Dans le second, il y ades blagues non-stop. On pourrait penser que ce flot ininterrompu rend le film lourd, mais pas du tout ! Je n’ai pas été lassée un seul instant et j’ai trouvé le film très amusant. Les personnages sont attachants, les blagues peu subtiles et, de ce fait, fort sympathiques ! Blagues racistes, misogynes et jeux de mots faciles : vous allez être servis. Hubert est idiot et complètement à côté de la plaque ; ses réflexions sont décalées et sans intérêt. Il ne sait rien de rien, il est bien français et très peu cultivé: cela rend hilarant son contact avec une culture étrangère. Mais Jean Dujardin est agréable à regarder et son jeu, franchement excellent : j’ai vite pris goût à ses mimiques, à ses costumes kitsch et à sa voix grave digne de celle d’une annonce enregistrée ; je me suis vite laissée abrutir par son sourire « communicatif » et son rire délirant. Plein de méchants, plein de gentils, plein de renversements de situations, plein de quiproquos : bref, beaucoup d’occasions de rire. Et pour ne rien oublier, il me semble important d’ajouter un point, même si, a priori, vous le savez : ce film est à prendre au vingtième degré !
Lucas (bénabar) est contrôleur à la RATP mais uniquement parce qu’il n’a jamais réussi à réaliser son rêve : devenir chanteur. En manque d’inspiration et d’opportunité il a donc abandonné le monde de la musique qu’il aimait tant. Jusqu’au jour où il trouve par hasard un carnet de chanson appartenant à Thomas (Jocelyn Quivrin), un des membres de son ancien groupe de jeunesse, qu’il pense mort. Il en vient à interpréter ses chansons pour ses proches et ça plait ! Alors Lucas se les approprie et sa vie va soudainement basculer dans la célébrité et le luxe. Mais un jour, Thomas refait surface, bien vivant et c’est le drame. Lucas va tout faire pour lui cacher sa célébrité pour qu’il ne s’aperçoive pas de sa trahison. Mais, pour cette grande star, être incognito dans Paris va être plus difficile que ce qu’il pensait…
Film très drôle, intelligent, noyé dans les comiques de situation. On s’attache cruellement aux personnages et on ne veut pas que le film se termine car il nous fait passer un moment franchement agréable. L’histoire est très prenante et la musique omniprésente y apporte de la fraîcheur et de la modernité. C’est un film simple, sans prétentions avec des acteurs tout à fait géniaux. D’ailleurs, le casting est principalement composé de comédiens et de chanteurs ce qui donne un excellent résultat.
Bénabar ; la révélation :
Bénabar, chanteur que je connaissais à peine, m’a agréablement surprit dans ce premier rôle au cinéma. Il a énormément de charme, de présence, il est sexy, attachant, drôle, parfait pour le rôle. Un début très prometteur sur le grand écran, on en veut plus !
A savoir :
- L’idée du film est venue au réalisateur à Naples, lorsqu’il entendit un morceau peu connu de U2 interprété à la guitare électrique par un type dans la rue qui avait l’air de vouloir qu’on pense qu’il en est l’auteur. - C’est Bénabar qui a écrit toutes les chansons du film, les bonnes et les mauvaises, il a su s’adapter à son personnage.
- Bénabar fut un premier choix, Eric Lavaine l’a connu lorsqu’il était directeur artistique, responsable des auteurs de la série « H » pour laquelle Bénabar écrivait des épisodes. Ils sont amis et il savait qu’il saurait imaginer les chansons adéquates.
- Pour le rôle, Bénabar a du changer de look, il a perdu 6kg, il a fait du sport intensivement, il s’est teint les cheveux en noir.
Un concept bien connu :
Le thème du mensonge et de toute la comédie qui l’entoure revient très souvent dans le cinéma français. On retrouve souvent la même intrigue : un mensonge que l’on essaie à tout prix de conserver et de cacher à un personnage mais en vain ! Nous retrouvons cette intrigue dans des films tels :
- « Bienvenue chez les Chtis » de Dany Boon (2008)
- « Trois amis » Michel Boujenah (2007)
- « Hors de prix » de Pierre Salvadori (2006)
- « Prête moi ta main » de Eric Lartigau (2006)
- « Le dîner de con » de Francis Veber (1998)